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2002, un midi sur France Inter, à l'occasion de la sortie de son album "Fille du Soleil", Nana interprétait en direct et en toute simplicité deux chansons tristes et touchantes... Plus je les écoute, plus elles résonnent dans mon esprit, peut-être à l'approche de l'été... Les voici !
Où es-tu passé mon passé/ Une île - France Inter - Live 2002
Où es-tu passé mon passé, perdu dans les gorges de la Chiffa. Le ruisseau oublie la guerre, l'eau coule comme naguère. Les enfants ne font plus de grimaces, ils dansent dans la vallée. Ils oublient leur faim et leur race, ils jouent en liberté.
Où es-tu mon passé ? Si beau, si loin, si près...
Où es-tu passé mon passé ? Là-bas, ici ou à côté...
Les pique-niques en famille, les chapeaux de paille en pacotille, les tomates ruisselantes d'huile d'olive, les moustiques partaient sur l'autre rive... C'était le temps de la puberté, nous chassions les mauvaises pensées. Les arbres nous tenaient à l'ombre, nos cœurs amoureux étaient sombres.
Où es-tu passé mon passé ? Dans ce village de cyprès, où coule la source la plus belle, comme un oiseau, mon âme a pris ses ailes pour monter là-haut dans le ciel bleu rejoindre ce monde étrange de feu, le jardin parfumé des artistes, graver un nom de plus sur la liste.
Mon pays sent bon le jasmin, j'aimerai y retourner demain... Les fleurs ne sont plus arrosées, la terre rouge s'est refermée... La guerre assassine les innocents, les vieux, les femmes et les enfants, et le ruisseau de ma jeunesse, léger, danse avec ivresse...
Où es-tu passé mon passé ? Le soleil se couche derrière les orangers...
J'ai peur d'oublier mes souvenirs ! Non, non, il ne faut pas mourir...
(Jean-Claude Brialy)
Une île entre le ciel et l'eau, une île sans âme ni bateau, inculte un peu comme une insulte, sauvage, sans espoir de voyage... Une île, une île entre le ciel et l'eau.
Ce serait là face à la mer immense, là sans espoir d'espérance, toute seule face à ma destinée, plus seule qu'au cœur d'une forêt. Ce serait là dans ma propre défaite, toute seule sans espoir de conquête, que je saurais enfin pourquoi je t'ai quittée moi qui n'aime que toi...
Une île comme une cible d'or, tranquille comme un enfant qui dort, fidèle, à en mourir pour elle, cruelle, à force d'être reine... Une île, une île, comme un enfant qui dort.
Ce serait là face à la mer immense, là pour venger mes vengeances, toute seule avec mes souvenirs, plus seule qu'au moment de mourir. Ce serait là au cœur de Saint Hélène, sans joie, sans amour et sans haine que je saurai enfin pourquoi je t'ai quittée moi qui n'aime que toi...
Une île entre le ciel et l'eau, une île sans âme ni bateau, inculte un peu comme une insulte, sauvage, sans espoir de voyage... Une île, cette île, mon île c'est toi, c'est toi, c'est toi !
(Serge Lama) |