Chansons pour la vie

Bon anniversaire, Nana !


Deux chansons autobiographiques

Nana a chanté tous les thèmes à travers ces années de carrière, dans quasiment toutes les langues… En français, deux chansons sont une couleur un peu particulière… En effet, on pourrait les croire écrites par Nana personnellement, tant leurs paroles collent à sa vie…
"C’est mon histoire" évoque sa carrière internationale, ses enfants, ses voyages… "Ciné-souvenir" évoque son enfance à Athènes dans le cinéma en plein air de son père….

• Nana sang all themes through these years of career, in nearly all languages… In French, two songs are a particular color … Indeed, we could believe that they are personally written by Nana, their words connect so much to her life…
"C’est mon histoire" evokes her international career, her children, her journeys… "Ciné-souvenir" evokes her childhood in Athens in her father's open air cinema…

 

C’est mon histoire

(Texte français de Pierre Delanoë et Claude Lemesle)

Enfant déjà, je chantais pour les gens de chez-moi. C’était mon plaisir et ma vie, je ne pensais qu’à ça.
Je me demande aujourd’hui, quand je chante, si je n’ai pas rêvé, quand je suis là et quand je vois le rideau sur vous se lever.
C’est une histoire trop jolie pour y croire, mais c’est mon histoire. Au fil des années, c’est vous qui l’écrivez pour moi chaque soir. Et moi je la vis, je la lis, j’en remplis ma mémoire. Merci à la chance de votre présence, et merci d’être dans mon histoire
Je prends des taxis, et des trains et des avions géants : à peine le temps de regarder grandir les enfants ! Je chante en Irlande, en Hollande ou bien à Montréal, merveilleux voyage dans un univers idéal…

Child, already, I sang for people from my home. It was my pleasure and my life, I only thought to that. I wonder today, when I sing, if I didn’t dream, when I am there and when I see the curtain rising on you.
It is a too pretty story to believe in, but it is my story. With the passing years, you were the ones who write it for me every evening. And I do live it, I do read it, I do fill my memory with it. Thank you for the luck of your presence, and thank you to be in my story.
I take taxicabs, and trains and the gigantic planes : hardly time to watch the children grow ! I sing in Ireland, in Holland or in Montreal, marvelous journey in an ideal universe…

 

Ciné-souvenir

(Texte français de Pierre Delanoë et Claude Lemesle)

J’aimais me promener sur des nuages au bout du monde, j’ai mis bien des années à voir l’enfance s’éloigner…
Passés, passés, les parfums les images du ciné, ciné-souvenir. Passés, passés, compagnons de voyage qu’on ne peut jamais retenir. Cassées, cassées, les idées les idoles du ciné ciné-nostalgie.
Passées, passées, les passions, les paroles : Il reste la mélancolie…
On me disait jolie ; moi, dans mes rêves, j’étais blonde, je m’inventais ma vie sur des tréteaux de comédie…

I liked to go for a walk on clouds at the end of the world, I took a lot of years to see the childhood moving away…
Past, pasts, perfumes and pictures of the movie , movie-memory. Past, pasts, journey companions, that noone can ever keep. Broken, broken, ideas and idols of the movie, movie-nostalgia.
Past, past, passions and words : it remains melancholy…
One told me I was pretty ; me, in my dreams, I was blond, I imagined my life on trestles of comedy…


Trois petites notes de musique

Le choix des trois dernières chansons produites en français par Nana à ce jour n’a rien d’anodin (2007 - Les 50 plus belles chansons - MERCURY 530 259-2). C’est la conclusion claire de son message musical ! C’est évident pour les francophones…

• The selection of the three last Nana French songs until today is not insignificant (2007 - Les 50 plus belles chansons - MERCURY 530 259-2). This is the clear conclusion of her musical message! It is obvious to the French speaking people, that’s why we try to translate them …

"Si la vie chantait" explique le combat éternel de Nana, qui croit depuis cinquante ans que la musique peut changer le monde, millimètre après millimètre…

"La Javanaise" est un ultime hommage à la beauté de la langue française, à Gainsbourg qui était plus proche de Nana que l’on ne l’aurait cru, et un exemple de "cross-over"  vers le Jazz, comme on dit aujourd’hui, par le choix de l’orchestration…

Cependant, la plus frappante reste "Besoin de moi" qui sonne comme un bilan en forme de testament musical. Qui es le "tu" de la chanson… Est-ce André ? sans doute… Est-ce nous, son public ? évidemment aussi ! Bref, c’est un peu le syndrome "Ma plus belle histoire d’amour" de Barbara… Chacun y prendra ce qu’il croiera y trouver… En trois chansons, trois petites notes de musique… Nana nous dit au revoir comme elle n’aurait pas pu mieux le faire !

• "La Javanaise" is a final tribute to the beauty of the French language, to Gainsbourg who was closer to Nana that we would have thought, and an example of "cross-over" to the Jazz, as we say today, by the choice of orchestration…

"Si la vie chantait" explains the eternal struggle of Nana, who believes that music can change the world, millimeter after millimeter …

However, the most smooving one remains "Besoin de moi" which sounds like a musical testament. Who is the "you" of the song … Is it Andre? Perhaps … Is it us, her audience? Obviously! It’s just like "Ma plus belle histoire d’amour" by Barbara … Everyone takes what he thought … In three songs, three small musical notes … Nana says goodbye as she could not do better!
 

Si la vie chantait

(Haris Alexiou – paroles françaises de Catherine et Claude Lemesle)

Je voudrais chanter pour chaque enfant qui meure, je voudrais forcer les portes de la peur, je pourrais livrer celui qui t’a trahi, puis me sacrifier pour lui sauver la vie.
Je pourrais souffrir toute une éternité, condamner l’amour à la perpétuité. J’écrirais la paix par dessus les pays. Si la vie chantait, ça changerait la vie
Nous inviterons les âmes à être seules, nous rassemblerons les soleils intérieurs pour en faire un hymne au dessus des pays. Si la vie chantait, ça changerait la vie

I would like to sing for every child who dies, I would like to force the doors of fear, I could deliver the one that betrayed you then sacrifice myself to save his life
I could endure a whole eternity, I could condemn love to perpetuity, I would write the peace over the countries. If life was singing, it would change life
We will invite the souls to be alone, we will gather the interior suns to make a hymn over to the countries. If life was singing, it would change life.


Besoin de moi

(Randy Goodrum - Paroles françaises de Claude Lemesle)

Tu m’as souri quand j’ai pleuré, Tu m’as appris la dignité quand je livrais mon âme aux rêves noirs, Tu m’éclairais, tu avais quelque part un peu besoin de moi.
Tenir debout, c’est vrai je te le dois, et dans la boue, marcher toujours plus droit. Cette statue qui naissait sous tes doigts me ressemblait et il me semblait quelque fois que tu avais besoin de moi.
Que m’importe quand et où, j’avais besoin de toi, besoin de nous. Tu étais là. Tu as su guider mes pas dans les rues du hasard, je suis devenue quelqu’un dans ton regard.
Tenir ma main quand j’avais froid, calmer ma faim porter ma croix, me redonner la foi après l’enfer, me condamner à avoir sur la terre une amitié sincère.
Tenir debout, c’est vrai je te le dois et dans la boue, marcher toujours plus droit. Cette statue qui naissait sous tes doigts me ressemblait, et il me semblait quelque fois que tu avais besoin de moi.


You smiled at me when I cried, You taught me the dignity. When I delivered my soul to the black dreams, You illuminated myself, somewhere you needed me
Staying on my feet, it’s true, I owe it to you. In the mud, always walking upright. This statue that was born under your fingers, Resembled me, and sometimes I had the feeling you needed me
No matter when or where I needed you, I needed us, you were there. You knew how to guide my steps in the streets of chance, I became someone in your eyesTo hold my hand when I was cold, To calm my hunger, to carry my cross, To give back the faith to me after the hell, To condemn me to love on this earth a sincere friendship.


La Javanaise

(Serge Gainsbourg)

J’avoue j’en ai bavé pas vous mon amour, avant d’avoir eu vent de vous mon amour. Ne vous déplaise, en dansant la Javanaise, nous nous aimions le temps d’une chanson.
À votre avis qu’avons-nous vu de l’amour ? De vous à moi vous m’avez eu mon amour ! Ne vous déplaise, en dansant la Javanaise, nous nous aimions le temps d’une chanson.
Hélas avril en vain me voue à l’amour, j’avais envie de voir en vous cet amour. Ne vous déplaise, en dansant la Javanaise, nous nous aimions le temps d’une chanson.
La vie ne vaut d’etre vécue sans amour, mais c’est vous qui l’avez voulu mon amour. Ne vous déplaise, en dansant la Javanaise, nous nous aimions le temps d’une chanson.

I admit I had to struggle – not you, my love ? before I heard from you, my love According to you, what did we really see about love ?
Whether you like it or not, when we were dancing the Javanaise. We were loving each other, only during a song.
Between you and me, you really trapped me, love ! Unfortunatly, April doomed me to love in vain. I made the wish to see this love in you. Without love, it’s not worth living but you were the one who decided on it, my love.
Whether you like it or not, when we were dancing the Javanaise. We were loving each other, only during a song.

 

Playlist

  • Ciné-souvenir - Album Tu m'oublies (1986)
  • C'est mon histoire  - Album Vivre au soleil (1979)
  • Besoin de moi - Album Le ciel est noir, les 50 plus belles chansons (2007)
  • La javanaise - Album Le ciel est noir, les 50 plus belles chansons (2007)
  • Si la vie chantait - Album Le ciel est noir, les 50 plus belles chansons (2007)

 

 


 
Artwork : Raymond Moretti / Nana Mouskouri
Playlist : mp3, 44100 Hz, 96 bps, mono (radio quality)
@ PhB, 13 oct. 2016

Nana & Bob Dylan

Bob Dylan

Depuis ses débuts dans les années 1960, Bob Dylan a, par ses textes et par sa recherche de voies nouvelles (à l’encontre de son public parfois), sensiblement marqué la culture musicale contemporaine : en témoignent les nombreux artistes qui se réclament de son influence (David Bowie, Jeff Buckley, Tom Waits, Elvis Costello, etc.), ou le vaste répertoire des chansons qu’il a composées, dans lequel puisent des musiciens de tous les horizons et de toutes les générations (Elvis Presley, The Beatles, Mark Knopfler, Neil Young, U2, P.J. Harvey, The White Stripes, Syd Barrett, Guns N’ Roses, Jimi Hendrix etc.).

• Since his beginnings in the 1960s, Bob Dylan, for his texts and his search for new ways (contrary to his audiance sometimes), significantly influenced the contemporary musical culture: witness the many artists who claim to his influences (David Bowie, Jeff Buckley, Tom Waits, Elvis Costello, etc..), or the vast repertoire of songs he composed, which draws musicians from all backgrounds and all generations (Elvis Presley, The Beatles , Mark Knopfler, Neil Young, U2, PJ Harvey, The White Stripes, Syd Barrett, Guns N ‘Roses, Jimi Hendrix etc..).

 

Nana et Dylan

Le 10 septembre 1979, Nana chante au Greek Theater de Los Angeles. Léonard Cohen, habitant Montréal, assiste toujours aux concerts de Nana. C’est ce soir-là qu’il vient dans la loge de Nana, avant le concert, avec Bob Dylan. Il explique à Nana que Bob Dylan ne la connaît pas, aimerait beaucoup assister au concert mais qu’il a rendez-vous pour une interview avec des journalistes ce soir-là. Nana lui remet son dernier disque "Roses and sunshine", lui explique la place qu’il tient dans son univers musical, lui parle de sa chanson "Le ciel est noir"… Ils se fixent rendez vous après le concert dans un petit restaurant de Los Angeles.

• On 10 September 1979, Nana sings in Greek Theater in Los Angeles. Leonard Cohen, a resident of Montreal, always goes to concerts Nana. This evening, he comes in Nana’s dressing room before the concert, with Bob Dylan. He explains to Nana that Bob Dylan does not know her, would love to see the concert but had an appointment for an interview with journalists this evening. Nana gives him her latest album "Roses and sunshine," explains him the place he has in her musical world, talks him about his song "Le ciel est noir" … They set an appointment after the concert in a small restaurant in Los Angeles.

Le concert commence et Nana quitte la scène quelques minutes au moment de l’entracte. Dylan est resté dans les coullisses pour l’entendre chanter, il veut échanger, lui parler, la découvrir mais il faut reprendre le concert… Nana chante "Le ciel est noir" et la soirée se termine. A la fin du concert, Nana retrouve Bob Dylan au même endroit, il a décalé son interview pour entendre tout le concert…
Il lui dit ne pas avoir aimé sa façon de chanter "le ciel est noir", tant leur façon de chanter est différente… ils se retrouvent plus tard au restaurant comme convenu et Dylan, surexcité, veut connaître les influences musicales de Nana : ils evoquent Callas, Ella Fitzgerald, Oum Kalsoum…

• The concert began and Nana left the scene a few minutes during the intermission. Dylan remained here to hear her sing, he wants to share feelings, talk to her, discover her but she have to resume the concert … Nana sings "Le ciel est noir" and the evening ends. At the end of the concert, Nana finds Bob Dylan in the same place, he shifted his interview to hear the whole concert … He claims he did not like much her way of singing "Le ciel est noir", as their way of singing is so different … they met later in a restaurant as agreed and Dylan, excited, wants to know the musical influences of Nana: They evoke Callas, Ella Fitzgerald, Oum Kalsoum …

Quelques jours plus tard, Dylan dira dans une interview à "Rolling Stones" : "Mes chanteuses préférées sont Nana Mouskouri et Oum Kalsoum !". Très peu de temps après, Dylan appelle Nana pour lui offrir une chanson qu’il vient d’écrire, et qui, selon lui, lui ressemble. Il s’agit de "Every grain of Sand"…

• A few days later, Dylan said in an interview with "Rolling Stones": "My favorite singers are Nana Mouskouri and Oum Kalsoum." Shortly after, Dylan called Nana to offer her a song he has just written and which, according to him, is just like her. This is "Every Grain of Sand" …  

Par la suite, les deux artistes se suivront de plus ou moins loin, leurs modes de vie, leur mode de travail et leur culture étant assez peu compatibles. Nana reste très influencée par Bob Dylan, dont elle chantera ou adaptera plusieurs autres chansons, de façon toujours très personnelle et magistrale. Nana dira en 2008, lors de sa tournée d’adieu, dans un entretien en Allemagne, repris par l’AFP, qu’elle échange des e-mails avec Dylan, même s’il ne lui répond pas aussi souvent qu’elle le souhaiterait…

• Thereafter, the two artists will follow eachother more or less farly, their lifestyles, their way to work and their culture are not very compatible. Nana is very influenced by Bob Dylan, and sings or adapts several other songs, in a very personal way, with style. Nana said in 2008, during her farewell tour, in an interview in Germany, taken by AFP, that she exchanges e-mails with Dylan, even if he does not reply as often as she would like ...

 

Every Grain of Sand

In the time of my confession / In the hour of my deepest need
When the pool of tears beneath my feet / Flood every newborn seed
There's a dyin' voice within me / Reaching out somewhere
Toiling in the danger / And in the morals of despair

Don't have the inclination / To look back on any mistake
Like Cain, I now behold this chain / Of events that I must break
In the fury of the moment / I see the Master's hand
In every leaf that trembles / In every grain of sand

Oh, the flowers of indulgence / And the weeds of yesteryear
Like criminals, they have choked the breath / Of conscience and good cheer
The sun beat down upon the steps / Of time to light the way
To ease the pain of idleness / And the memory of decay

I gaze into the doorway / Of temptation's angry flame
And every time I pass that way / I always hear my name
Then onward in my journey / I come to understand
That every hair is numbered / Like every grain of sand

I have gone from rags to riches / In the sorrow of the night
In the violence of a summer's dream / In the chill of a wintry light
In the bitter dance of loneliness / Fading into space
In the broken mirror of innocence / On each forgotten face

I hear the ancient footsteps / Like the motion of the sea
Sometimes I turn there's someone there / Other times it's only me
I am hanging in the balance / Of a perfect finished plan
Like every sparrow falling / Like every grain of sand

Traduction française possible sur ce lien

 

Dignity

Fat man lookin' in a blade of steel / Thin man lookin' at his last meal
Hollow man lookin' in a cottonfield / For dignity
Wise man lookin' in a blade of grass / Young man lookin' in the shadows that pass
Poor man lookin' through painted glass / For dignity

Somebody got murdered on New Year's Eve / Somebody said dignity was the first to leave
I went into the city, went into the town / Went into the land of the midnight sun
Searchin' high, searchin' low / Searchin' everywhere I know
Askin' the cops wherever I go / Have you seen dignity

Blind man breakin' out of a trance, / Puts both his hands in the pocket of chance
Hopin' to find one circumstance / Of dignity
I went to the wedding of Mary-Lou / She said I don't want nobody see me talkin to you
Said she could get killed if she told me what she knew / About dignity

I went down where the vultures feed / I would've gone deeper, but there wasn't any need
Heard the tongues of angels and the tongues of men / Wasn't any difference to me
Chilly wind sharp as a razor blade / House on fire, debts unpaid
Gonna stand at the window, gonna ask the maid / Have you seen dignity

Drinkin' man listens to the voice he hears / In a crowded room full of covered up mirrors
Lookin' into the lost forgotten years / For dignity
Met Prince Phillip at the home of the blues / Said he'd give me information if his name wasn't used
He wanted money up front, said he was abused / By dignity

Footprints runnin' cross the silver sand / Steps goin' down into tatoo land
I met the sons of darkness and the sons of light / In the bordertowns of despair
Got no place to fade, got no coat / I'm on the rollin' river in a jerkin' boat
Tryin' to read a note somebody wrote / About dignity

Sick man lookin' for the doctor's cure / Lookin' at his hands for the lines that were
And into every masterpiece of literature / For dignity
Englishman stranded in the blackheart wind / Combin his hair back his future looks thin
Bites the bullet and he looks within / For dignity

Someone showed me a picture and I just laughed / Dignity never been photographed
I went into the red, I went into the black / Into the valley of dry bone dreams
So many roads, so much at stake, so many dead ends / I'm at the edge of the lake
Sometimes I wonder what it's gonna take / To find dignity

Traduction française possible sur ce lien

 

Bob Dylan par Nana Mouskouri

Farewell Angelina
- Adieu Angelina (FR)
1967 Le jour où la colombe… (Mercury 980 048-5)
2011 Rendez-vous (Mercury 2788371) (with Roch Voisine)    
- Schlaf ein Angelina (DE)
1975 Sieben schwarze Rosen (Philips 838 841-2)

Love Minus Zero/No Limit
1969 The white rose of Athens (Mercury 983 236-4)
- Amour moins zero (FR)
1969 Dans le soleil...et dans le vent (Mercury 980 048-7)

Farewell
1971 A place in my heart (Mercury 983 236-5)

A Hard Rain's A-Gonna Fall
- Le ciel est noir (FR)
2011 Rendez-vous (Mercury 2788371) (with Garou)
2006 Live in Berlin "Ich hab gelacht - Ich hab geweint" DVD (Universal 60251702429)
2012 Live at the Royal Albert Hall - 2007 DVD (Universal 372 302-9)
1974 Au Théâtre des Champs-Elysées LP (Fontana 6325 327)
1979 À Paris (Philips 6641.919)
2007 Les 50 plus belles chansons (Mercury 530 259-2) (studio version)

Tomorrow Is A Long Time
1979 Roses Love sunshine (Mercury 983 236-9)

Every Grain Of Sand
1982  The rose (Mercury 983 237-0)
- Jedes Körnchen Sand (DE)
1981 Meine Lieder sind mein Leben (Electrola 06007 5362550)

I'll Remember You
1987 Only Love (Mercury 983 237-2)
2006 Live in Berlin "Ich hab gelacht - Ich hab geweint" DVD (Universal 60251702429)
2012  Live at the Royal Albert Hall - 2007 DVD (Universal 372 302-9)

Dignity
1997 Songs for you (Mercury 983 237-3)

To Make You Feel My Love
2000 Songs for you (Mercury 983 237-3) (with Stig Rossen)

 

Playlist

  • Adieu Angelina - Album le jour où la colombe / NM Collection (2004)
  • Love Minus Zero/No Limit - Album the white rose of Athens / NM Collection - Complete English Works (2005)
  • Le ciel est noir - Album Que je sois un ange / NM Collection (2004)
  • Farewell - Album A place in my heart / NM Collection - Complete English Works (2005)
  • Every Grain Of Sand - Album The rose / NM Collection - Complete English Works (2005)
  • I'll Remember You - Album Tu m'oublies / NM Collection (2004)
  • Dignity - Album Dix mille ans encore / Nana Mouskouri Collection (2004)

 

 


Sources : https://fr.wikipedia.org/wiki/Bob_Dylan
http://www.examiner.com/article/dylan-birthday-countdown-no-36-nana-mouskouri-and-email-pal-dylan
http://www.bobdylan-fr.com
Playlist : mp3, 44100 Hz, 96 bps, mono (radio quality)
Artwork : Kevin329 @devianart.com / Marc-Antoine Coulon
@ PhB, 13 août 2016

Chansons de France

 

Il faut réécouter les Vieilles chansons de France.

Ces romances et complaintes d’autrefois dont l’origine date pour la majorité des XVII et XVIII ème siècle, se sont propagées dans nos provinces et sont devenues populaires au gré de leur nombreuses versions.

Elles font partie de notre mémoire commune.
Bien sûr, il se dégage de beaucoup de ces balades une naïveté qui n’est plus d’actualité.

Elles sont des petits tableaux aux aventures et aux amours simples… Les plus vieilles – Belle Doëtte remonte au XII ème siècle – y parlent d’Amour Courtois, de chevaliers loin de leur Belle, d’une noblesse fidèle et respectueuse de ses suzerains, de filles qui se noient parce qu’elles ne respectent pas les recommandations des mères.

Certaines sont pourtant moins innocentes qu’il n’y paraît.
Aux marches du palais mêle finalement intimement l’amour avec la mort.

On ne compte pas les interprètes qui, au fil des ans, les ont chantées. Yves Montand, Guy Béart, Cora Vaucaire… Nana Mouskouri, en les interprétant, nous démontre avec force son humilité et c’est justement là qu’elle atteint la grâce.



Comme toujours, elle sait se fondre dans l’univers musical qu’elle a choisi de chanter.
Elle l’aborde avec curiosité et la maîtrise fait le reste…

Et pourtant comme il serait facile de tirer à soi ces vers anonymes pour la plupart. Sûre de sa voix, elle s’efface derrière elle et suit fidèlement la mélodie. Que reste-t-il ? Une voix pure et cristalline qui n’en finit pas de transfigurer ces chants populaires au point de leur redonner leur sens.

On se surprend à tendre de nouveau l’oreille à ce qui était devenu banal, usé, sans surprise.

Belle Doëtte est une pure merveille (même modernisé dans la version instrumentalisée de Georges Petsilas, le texte n’est pas passionnant à lire). Le roi a fait battre tambour devient léger et plaisant. Mariez-vous belles respire l’optimisme. Que dire de Plaisir d'amour que Nana ne cessera plus jamais de chanter sur scène à travers le monde...

 

Pari risqué... mais succès énorme

Le concept de l'album Vieilles Chansons de France était un pari risqué pour la chanteuse hellène.

Qu’une interprète grecque à la maîtrise de la langue fluctuante (à l’époque) tente de se réapproprier un patrimoine chanté en « vieulx françoys » constituait l’exact opposé d’une promenade de santé. Pari difficile, mais pari réussi cependant. Les efforts de Nana Mouskouri s’avérèrent payants et la réappropriation d’un corpus oublié, ressuscité par la chanteuse athénienne.

« Aux marches du Palais », « A la claire fontaine », «  Le Pont de Nantes », « Mariez-vous belles » ou encore « Pauvre Rutebeuf » (initialement une adaptation par Léo Ferré de poèmes de Rutebeuf, trouvère du XIIe siècle)...

 

Deux albums... et d'autres chansons

Vieilles chansons de France est un album français de Nana Mouskouri paru en France chez Fontana en 1973. Le disque s'est vendu en 1973 à plus de 250 000 exemplaires en France.

Nana enregistrera un autre album contenant des chansons traditionnelles françaises en 1978 avec l'album Nouvelles chansons de la Vieille France.

Elle intègre régulièrement des chansons traditionnelles dans de nombreux albums français ou étrangers. Parfois, accrochée par la mélodie, elle en enregistre des versions dans d'autres langues... Ainsi, par exemple, Va mon ami Va deviendra All Over The World en anglais, et Orki ke filia en grec !

Sur scène, à travers le monde, Nana les chante régulièrement (Plaisir d'amour, Le temps des cerises...) et les adaptent parfois, comme sur l'album "Au Théâtre des Champs-Elysées", en mixant Voici le mois de May avec des extraits de "El Gusto" de Elpidio Ramirez, dans une séquence hilarante avec ses musiciens !

A noter que Nana va également enregistré un album de chansons traditionnelles de langue anglaise en 1976 sous le titre "Songs of the British Isles".

 

Playlist

  • Je n'aimerais jamais que vous - Album Nouvelles chansons de la vieille France / NM Collection (2004)
  • Dans les prisons de Nantes -  Album Nouvelles chansons de la vieille France / NM Collection (2004)
  • Romance de Maître Pathelin - Album Vivre au soleil / NM Collection (2004)
  • Aux marches du palais - Album Une voix qui vient du coeur / NM Collection (2004)
  • Pauvre Rutebeuf (Duo avec Alain Delon) - Album Nana & Friends Rendez-vous (2011)
  • L'amour de moy - Album Nouvelles chansons de la vieille France / NM Collection (2004)
  • Le roi a fait battre tambour - Album Nouvelles chansons de la vieille France / NM Collection (2004)
  • Le pont de Nantes - Album Nouvelles chansons de la vieille France / NM Collection (2004)
  • Le temps des cerises (Duo avec Dave) - Album Nana & Friends Rendez-vous (2011)
  • Spinning Wheel - Album Songs of the British Isles / NM Collection - Complete English Works (2005)

 

 


Sources :http://data.music-story.com/
https://fr.wikipedia.org/wiki/Vieilles_chansons_de_France
Playlist : mp3, 44100 Hz, 96 bps, mono (radio quality)
Artwork : Nana Mouskouri
@ MrD & PhB, 13 juin 2016

Destin et Rencontres

En 2006, la SACEM dévoilait le palmarès de ses "grands prix 2006" qui récompensent des artistes ou professionnels de toutes générations.
Au travers de ces grands prix, la Sacem consacre des hommes et des oeuvres appartenant à tous les genres, styles, générations, et placés sous le signe du triptyque : la durée, la diversité et la qualité. Le palmarès est établi après délibération par le Conseil d’administration de la Sacem :

  • Grand Prix de la chanson française (créateur-interprète) : Francis Cabrel
  • Grand Prix de la chanson française (compositeur) : Franck Langolff (remis à titre posthume)
  • Grand Prix de l’édition musicale : Stéphane Berlow (BMG Publishing)
  • Grand Prix de la musique traditionnelle : Justin Vali
  • Grand Prix du jazz : Henri Texier
  • Grand Prix de la musique pour l’audiovisuel : Maurice Jarre
  • Grand Prix de la chanson française à l’étranger : Nana Mouskouri

 

A cet occasion, un livret biographique a été édité. Nous allons utiliser le texte de ce livret pour faire connaissance avec les personnes qui ont été présents dans la route professionnelle de Nana.
Dans le texte, les liens actifs vous permettront de découvrir plus d'informations, via l'Encyclopédie en ligne Wikipedia. Pour chaque page qui s'affichera, une autre langue pourra être choisie, si disponible, dans le menu de gauche.

 



"Ce qui est important, ce n’est pas ce que tu fais, mais comment et pourquoi tu le fais", lui avait dit un jour la grande Maria Callas, et avec le recul du temps, il semble bien que Nana ait suivi, et même dépassé le conseil ! Près d’un demi-siècle de carrière, des centaines de millions de disques vendus, et presque autant de jours que de concerts, aux quatre coins du monde. S’il fallait associer à un mot Nana Mouskouri, ce pourrait décidément être "éternité", au meilleur sens du terme : celle de ces maisons blanches qui éclatent de soleil, dans la Grèce de son enfance, des robes légères qui y tournent au son des bouzoukis, de ces refrains intemporels qui jalonnent son œuvre, au point de faire partie du folklore, de sa carrière qui, en cinq décennies de succès, n’a jamais connu de faille ni de revers.
Aussi loin que nous remontions dans notre mémoire, nous trouvons toujours une chanson de Nana sur notre chemin, qui nous parle d’amour, de roses, de racines, de paix, de liberté, de bonheur, de voyages, et bien sûr de Méditerranée. Et puis leur interprète, immuable, généreuse, rayonnante. Car Nana, c’est la vie, tous ceux qui la connaissent vous le confirmeront. Une fille "forte, franche, simple et vraie"  comme dit son ami Léonard Cohen.

Née en Crète, Nana s’appelle en réalité Joanna, et elle a eu une enfance qui donne à rêver : un père projectionniste en plein air, haut en couleur (joueur, conservateur et résistant pendant la guerre) et une mère ouvreuse de cinéma (mais qui voulait être chanteuse d’opéra), au temps de Judy Garland et de Fred Astaire. À six ans, elle découvre ses dons pour la musique, sur les traces de sa grande sœur, Jenny, et toutes deux feront le conservatoire d’Athènes, où la famille poursuit ses activités. Après y avoir appris le chant classique, le piano et l’harmonie, étudié les lieders de Franz Schubert et les arias d’opéra, elle découvre le jazz à travers la radio de nuit (Radio Tanger !), se prend de passion pour Bessie Smith, Billie Holiday, Sarah Vaughan et surtout Ella Fitzgerald, "ses classiques à elle", et se voit… interdite d’examen de fin d’année au conservatoire, pour avoir chanté "Lullaby of birdland" et "Rock around the clock" à un concours ! Car elle chante comme elle respire - tout le temps -, court les radio-crochets, les auditions et séances radio, et n’a qu’une obsession :  monter sur scène, à commencer par celle du cinéma familial après le départ des spectateurs, devant la salle vide !

Mais c’est encore meilleur avec du public, et dès 1957, au grand dam de ses parents, elle se produit au club "Le Mokabolido" à Athènes, et, au début, galère pour trouver son "look", cette image d’elle qui ne changera plus guère par la suite :  lunettes ou pas ?
 
Robe noire ou blanche ? Régime ou pas ? Frange ou non ? On la dit trop grosse, pas assez sexy. Elle se cherche, se défend, s’impose. Et, de bouche en oreille, elle rencontre bientôt le grand compositeur Manos Hadjidakis, et son alter ego le poète Nikos Gatsos, qui lui font enregistrer des chansons pour un film, puis un premier 45 tours, tout en écrivant devant elle leurs fameux "Enfants du Pirée", qui feront le bonheur de Mélina Mercouri dans "Jamais le dimanche". Un moment d’exception et la naissance d’une grande amitié avec l’écrivain, à l’aune du Café Floca, ce petit Saint-Germain athénien où l’on croise Yannis Ritsos et Mikis Theodorakis, deux figures historiques qu’elle chantera bientôt (poèmes d’"Epitaphios")...

Ses premiers succès s’intitulent donc - pour la traduction française - "Mon amour existe quelque part", "Le petit cyprès", et grâce à eux, elle remporte le Premier Prix du Festival de la Chanson d’Athènes, en 1959, celui de l’année suivante, puis celui du Festival Mediterraneo de Barcelone. Dans son public, désormais, des princes, des armateurs et des stars de l’écran, Onassis, Niarchos, Gregory Peck et Anthony Quinn :  le gotha. Et elle enchaîne les clubs, de l’Astir au Tzaki, où elle chante devant le Premier Ministre Constantin Caramanlis, le futur roi Juan Carlos (à ses fiançailles) et Jackie Kennedy alternant contre toute attente… jazz et rock and roll, le son de ses vingt ans. Elle se produit même sur le célèbre porte-avion Forestal ! Aussi surpris par  cette  jeune  fille  au  look  d’étudiante  sage que par l’énergie et la chaleur de sa voix, par ce troublant contraste entre classicisme et modernisme, le public en redemande, et aussi le métier : les propositions de contrats affluent, de concerts comme d’enregistrements, et c’est la France qui la "signe", en la personne de Louis Hazan, sur le label  Fontana. Nana Mouskouri est née, et elle est toujours là, des milliers de chansons après.

Mais c’est en fait en Allemagne que sa carrière internationale commence, avec la bande originale d’un documentaire sur la Grèce composée par Hadjidakis, "Grèce, pays de rêve", Ours d’Or à Berlin, dont elle assure le commentaire et les cinq chansons. Parmi elles, une dont le single "Weisse rosen aus Athen"-"Roses blanches de Corfou", la ville de sa mère - se vendra à un million et demi d’exemplaires et sera classé 38 semaines en tête des hit-parades locaux ! Puis aux Etats-Unis avec le prolifique Quincy Jones, qui l’initie au métier et lui fait enregistrer des standards ("The girl from Greece sings"-1962), et enfin, la même année, un premier album français, qui s’accompagne d’un Musicorama et d’une première partie de Georges Brassens à l’Olympia. Et si elle refuse de "laisser tomber les lunettes et le prénom", elle accepte néanmoins de perdre… 30 kilos, à raison !
Suivra l’Eurovision 63 ("À force de prier"), qui lui ouvre les portes de la BBC grâce à la productrice Yvonne Littlewood - elle y aura plus tard sa propre émission pendant plus de dix ans ! -, un concert pour l’UNESCO et son album "Mes plus belles chansons grecques", qui lui vaudra le Grand Prix de l’Académie du Disque en 1964, avec Sheila et Cloclo, après le Lion d’argent de Radio Luxembourg, et avant le festival de Baden Baden (2e Prix) et le prix du Marathon de la chanson ! Cette fois, c’est parti, avec un Bobino triomphal, le 20 février 64, puis la "Fête de l’Huma" devant 200.000 personnes !

Toujours passionnée de jazz, elle passe de Quincy Jones à Michel Legrand, dont elle reprend "Les parapluies de Cherbourg", et avec lequel elle fera ensuite un superbe disque de duos ("Quand on s’aime"), puis à Harry Belafonte qui recherche "une nouvelle Myriam Makeba" pour l’accompagner en concert ("Nana Mouskouri in New-York"). Ensemble, ils feront cinq tournées triomphales aux USA, la meilleure école qui soit, puisqu’elle apprend vraiment la scène avec le maître du calypso. Elle n’arrête plus !
En 1967, elle a déjà vendu huit millions d’albums dans le monde. Mais c’est en France, son pays d’adoption, qu’elle rencontrera désormais le plus grand succès, à partir de "L’enfant au tambour", enregistré avec Michel Legrand aux manettes et aux scores en 1965. Ainsi son album "Le jour où la colombe" (1967), l’un de ses meilleurs, regroupe-t-il plus d’un tube :  "Adieu Angelina", "Au cœur de septembre", "C’est bon la vie", "Robe bleue robe blanche"…   Puis, l’année suivante, "Puisque tu m’aimes", "Tous les arbres sont en fleurs", "Roule s’enroule"… Des adaptations ou originaux signés en majorité Eddy Marnay et Pierre Delanoë, ses maîtres à chanter et auteurs de prédilection, auxquels va s’ajouter notamment Claude Lemesle.

Et la scène suit, précède même : Olympia en 1967, Royal Albert Hall en Grande Bretagne, pays où elle sera classée plus de 102 semaines dans les charts avec l’album "Over and over" (1969). Parallèlement, elle reprend des chansons classiques ou traditionnelles (comme "Le temps des cerises") ou des airs du folklore.

Autour d’elle, comme il se doit, des fidèles, qui se sont relayés au fil du temps :  d’abord George Petsilas, son chef d’orchestre et premier mari (leader du groupe "Les Athéniens"), puis André Chapelle, son directeur artistique et deuxième (et actuel) époux, Gérard Davoust (qui suivra toujours sa carrière), et bien sûr, tous les grands auteurs et compositeurs français, les Eddy Marnay, Emile Stern, André Popp, Pierre Delanoë, Franck Gérald, Michel Jourdan, Hubert  Ithier, Claude Lemesle, Alain Goraguer, Jacques Denjean, Christian Chevallier, Georges Coulonges, Vladimir Cosma, jusqu’à Jean-Claude Brialy dans son dernier album ! Car Nana est une artiste fidèle et une femme de mémoire sachant ce qu’elle doit aux rencontres de la vie, à ceux qu’elle appelle "ses maîtres" :  Louis Hazan, le directeur artistique Philippe Weill, Eddy Marnay, Harry Belafonte, et surtout Nikos Gatsos, dont les ouvrages la guident autant que le fameux "Prophète" de Kalil Gibran.
 
Elle fait partie de ces artistes qui se font entendre parce qu’ils savent aussi écouter. Elle a le sens des racines, en matière de lieux comme d’êtres, et c’est peut-être là une de ses clefs de sa longévité : on va d’autant plus loin qu’on se souvient d’où l’on vient. Et elle a le sens du succès, des mélodies, des bonnes reprises (cf. "Amazing grace", "Guantanamera", "Coucouroucoucou paloma") : c’est une vraie et grande interprète. En 1977, avec 35 disques d’or à travers le monde, elle remplit l’Olympia pendant trois semaines, et elle remet ça en 1979, pour ses 20 ans de carrière. Son nouveau succès, "Je chante avec toi liberté" (paroles: Delanoë-Lemesle) triomphe partout dans  le monde, en passant par le Palais des Congrès (janvier/février 1984). C’est à cette époque qu’elle rechante en Grèce, pour la première fois depuis 22 ans, sur la scène légendaire du Herod Atticus.
Suivront, encore et toujours, des concerts et des disques, et réciproquement, car, comme dirait son ami Charles Aznavour, "Nana n’est pas chanteuse, elle est la musique". Si la chanson était une femme (et elle l’est sûrement), ce serait indéniablement elle. En 1988, toujours en quête de nouvelles expériences, elle consacre un double album aux airs classiques ("La Norma", "Adagio", "Sarabande"), suivi d’un concert au Zénith avec l’orchestre Colonne et 40 choristes. Elle enchaîne avec les disques "Couleur gospel"  en 1990, et "Hollywood" en 1993, avec le fidèle Michel Legrand, consacré aux standards de l’écran.

Cette même année, elle est nommée ambassadrice de l’UNICEF, à la place de la regrettée Audrey Hepburn, donnant des concerts de charité, puis est élue en juin 1994 députée au Parlement Européen, sous la bannière du parti grec de la Nouvelle Démocratie. Fonction qu’elle abandonnera ensuite, déçue par la politique.
Et comme toujours, la carrière de Nana se compte en disques ("Dix mille ans encore", "Nana latina", "Hommages", "Concert  for peace", "Fille du soleil", "Nana swings", superbe live jazzy de 2002), et en tournées, partout et tout le temps, la scène étant sa seconde demeure, de la salle Pleyel à la Cigale, de Séoul à Copenhague, d’Adélaïde à Singapour. Elle a d’ailleurs entrepris depuis deux ans une gigantesque tournée d’adieu prévue jusqu’à l’an prochain, dernière (?) visite à cette "famille de musique" dont elle dit joliment : "De mes tournées, je ramène des bouquets offerts par le public, et je fais sécher ceux qui m’inspirent".

Au total, cette chanteuse digne du Livre des Records - longévité, ventes, marché mondial, langues - a enregistré depuis 1958 plus de 1.500 chansons (grec, anglais, allemand, espagnol, italien, japonais, hollandais, portugais, hébreu etc.) et vendu, dit-on, plus de 300 millions de disques (300 disques d’or, de platine, de diamant, toute une pièce de sa maison !), peut-être plus que Céline Dion et Madonna réunies, ce qui en fait l’une des artistes féminines les…  plus vendues dans  le monde !  Et, bien sûr, des dizaines, centaines de prix et de distinctions.

Et elle est surtout une formidable ambassadrice de la chanson française à travers le monde, elle qui avoue "n’avoir jamais passé un soir sans chanter en scène "Plaisir d’amour", et que son ami Nikos Gatsos définissait comme "un navire qui voyage sans jamais quitter son rivage". On ne saurait mieux dire pour décrire l’éternité.

 

Playlist

  • Casta Diva (Bellini) - Album Classique (1988)
  • The Guests (Leonard Cohen) - Album Vivre avec toi (1980)
  • Smoke gets in your eyes (H. Kern) - Album The girl from Greece sings (1962)
  • Beauty and the beast (A. Menken - H. Ashman) ft. Harry Belafonte - Album Hollywood (1993)
  • Le jour où la colombe ( N. Heiman / E. Marnay) - Album Le jour où la colombe (1967)
  • Amazing Grace (trad.) - Album Couleur Gospel (1990)
  • On cueillle la rose (C. Aznavour) - Album  Fille du soleil (2002)
  • Hartino to fengaraki (M. Hadjidakis / N. Gatsos) - Album Fille du soleil (2002)

 

 

 

Source : Nana Mouskouri, Grand Prix de la chanson française à l’étranger (2006)
Playlist : mp3, 44100 Hz, 96 bps, mono (radio quality)
Artwork : PhB & Photofunia
@ PhB, 13 fev. 2016

Nana playlist

Ecouter la playlist de Nana, des extraits de 26 albums enregistrés entre 1988 et 2008...
• Listen to the Nana playlist, extracted from 26 albums recorded from 1988 to 2008...

Cette sélection nous permet de retrouver l'ampleur de la diversité des styles des chansons interprétées par Nana Mouskouri, la grande modulation de sa voix, qui lui permet avec une facilité (apparente) de passer d'un air de jazz, de gospel, de bossa-nova à un aria classique, une chanson française à texte ou une comptine de Noël... Elle chante ainsi dans de nombreuses langues, parfois même elle vocalise... Nana se définie comme une "éponge" musicale. Elle sait à la fois tout interpréter dans le plus grand respect des auteurs, et tout "mettre à sa sauce" pour nous faire entrer dans univers musical unique.
• This selection allow us to realise the style diversity extent of Nana Mouskouri's songs, the great modulation of her voice, which allow her to sing, with (apparent) ease, an air of jazz, gospel, bossa-nova or a classic aria, a French song or a Christmas rhyme... She sings in many languages, sometimes she only vocalizes ... Nana defined herself as a musical "sponge". She knows how to interpret everything with the greatest respect for authors, and in the same time to "make her own sauce" to bring us into her unique musical universe.

 

Playlist

  • Agapi in'i zoï (GR, 1994)
  • Un bolero por favor (2002)
  • Nana Classic (1999)
  • Classique (1988)
  • Côté sud côté coeur (FR, 1992)
  • Dix mille ans encore (FR, 1994)
  • Fille du soleil (FR, 2002)
  • Couleur Gospel (1990)
  • Hollywood (1993)
  • Hommages (FR, 1997)
  • Ich hab gelacht, ich hab geweint (DE, 2004)
  • Moni perpato (GR, 2006)
  • I mithi mias ginekas (GR, 1988)
  • Nana Latina (USA, 1996)
  • Nuestras canciones (SP, 1991)
  • Nur ein Lied (DE, 1995)
  • Only love (USA, DK 1991)
  • Concert For Peace (USA, 1998)
  • I'll Remember You (AUS, 2005)
  • Return To Love (USA, 1997)
  • Nana Swings (2003)
  • Taxidiotis (GR, 1990)
  • Athina Thessaloniki (GR, 1997)
  • A Voice From The Heart (NL, 1988)
  • Christmas With Nana Mouskouri (2008)
  • Am Ziel meiner Reise (DE, 1991)

 

Elle n'est pas chanteuse,
Elle est la musique
Passant avec une aisance déconcertante de la mélodie la plus sinueuse au refrain populaire le plus facile et par tous les rythmes de notre époque
Elle est née pour chanter
Elle
Nana la merveilleuse, "La Mouskouri"
Souvent je me demande : "Qu'aurait fait la musique si elle n'existait pas ?"

She is not a singer, She is music, Moving with disconcerting ease form the most sinuous melody to the easiest pop chorus via all the rhythms of our times, She was born to sing, She, Nana the marvellous, "La Mouskouri".
I often wonder : "What would the music have done if she did not exist?"

Charles Aznavour

 

 

Playlist : mp3, 44100 Hz, 80 bps, mono (radio quality)
Artwork : Nana Mouskouri
© PhB, 26 janv. 2016

Fil Rss des articles de cette catégorie